• C'était un 19 mars...

    Claire, « vierge pauvre, embrasse le Christ pauvre  »1

     

    C'était un 19 mars...

    Claire n’a plus qu’une idée : sortir du monde pour suivre les traces du Christ pauvre. François tempère cet empressement afin que l’Esprit-Saint présente à Dieu une vierge pure, toute parée pour le Divin Époux. Pour le grand départ, rien n’est laissé au hasard. François, chevalier du Christ, prévoit un « cérémonial » digne de cette « Dame Pauvreté » que veut devenir Claire. La date des épousailles sera l’entrée en Semaine-Sainte : le 19 mars 1212, Dimanche des Rameaux ; la noble promise revêtira ses plus beaux atours. Une antique cantilène évoque ainsi le grand départ :

    « Elle se rend à l’église - Au milieu des Dames - Et paraît la plus belle - « L’assemblée s’avance - Pour recevoir les rameaux - Claire retient ses pas - « D’une pudeur mesurée. - « Averti par l’Esprit-Saint - l’évêque s’approche de Claire - « Et lui tend un rameaux - Le Christ - c’est le signe -« Donne à Claire son cœur - Ministre de l’Esprit - L’évêque l’en assure. » 2

    Sa rupture d’avec le monde prendra l’allure d’une fugue car la nuit suivante, Claire quitte la demeure paternelle et va rejoindre les Frères Mineurs à Sainte-Marie des Anges de la Portioncule. Le moment historique est bien connu : Sortie discrète de la maison. Celano raconte: « Ne voulant pas sortir par le portail habituel, elle opta pour une poterne obstruée par un amoncellement de pierres et de branches, qu’elle dégagea de ses propres mains, avec un courage étonnant. » (Documents, page 36). On saisit là le caractère volontaire et la détermination de Claire. « Laissant donc derrière elle sa maison, sa famille, sa cité, elle se rendit en hâte à Sainte-Marie de la Portioncule. Elle y fut accueillie à la lueur des flambeaux par les Frères qui veillaient en prière autour de l’autel… C’est là que les frères lui tondirent les cheveux et qu’elle abandonna entre leurs mains tous ses bijoux et ornements divers. » (Idem) «… De cette façon la Mère de miséricorde montrait clairement à tous que c’était Elle qui, dans son sanctuaire, donnait naissance à chacun des deux Ordres. » « Revêtue de l’habit de pénitence devant l’autel de Notre-Dame… François la conduisit aussitôt à l’église Saint-Paul » en attendant « que le Très-Haut en décidât autrement » (Monastère des bénédictines de Bastia également nommé « Saint-Paul des Abbesses », non loin d’Assise.

    « La nouvelle fit rapidement le tour de la famille. La rage au cœur, ils condamnaient unanimement la décision et l’initiative de la jeune fille… Ils coururent au monastère. » Le plus « enragé » est l’Oncle Monaldo Favarone. « Mais leurs tentative étaient vouées à l’échec. Ils usent tour à tour de violence, de conseils perfides, de promesses aguichantes, cherchant à la persuader d’abandonner cet état de pauvreté sordide si contraire à la noblesse de ses origines. » Claire s’accroche aux nappes de l’autel et leur dévoile sa tête rasée signe de sa consécration . Devant cette ténacité, la famille se retire. Claire a gagné la partie !

    1 Cf. Deuxième lettre à Agnès de Prague, v. 18.

    2 « La cantilène Sainte Claire » Anonyme du XIII° siècle, Traduction Moïse Blatrix, Éditions Franciscaines.

     

    Pour aller plus loin :

    - Qu'en est-il de ton désir de te donner au Christ ? (quelle que soit ta vocation, et que tu la connaisses ou non ?)

    - Arrives-tu à reconnaître/discerner les intuitions de l'Esprit Saint dans ton cœur quand tu as une décision particulière ou importante à prendre ? Une fois que tu as décidé : la tiens-tu jusqu'au bout "avec ténacité" ?

    - Que peux-tu choisir (ou re-choisir !) de vivre (SOIT CONCRET !) pour cette semaine Sainte afin d'être plus à l'écoute de ton désir profond qui vient de Dieu ?